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  • Communiqué de presse: Le musée Permeke sera fermé pour rénovation jusqu'au printemps 2022 
    Aujourd'hui, 10 jours plus tôt que prévu, en réponse aux mesures prises par le gouvernement flamand pour lutter contre la pandémie corona, le musée, le jardin et l'exposition temporaire Rein Dufait fermeront à nouveau en 2022 avec un musée entièrement rénové ...

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Intro

Constant Permeke et le musée Permeke, revisité

Depuis le 8 novembre 2020, le musée Permeke est fermé. L'ancienne résidence de Constant Permeke, ‘de Vier Winden’ (les Quatre Vents), que la province de Flandre occidentale a achetée en 1960 pour en faire un musée, avait absolument besoin d'une rénovation en profondeur pour répondre aux besoins du 21e siècle. Pour ce projet la communauté flamande y a alloué 1 286 000 euros. Il n’y a cependant pas que le bâtiment qui a besoin d’une cure de rajeunissement. C'est en même temps une excellente opportunité de repenser entièrement le musée et en même temps de rechercher comment rendre l'artiste Permeke et le musée attractifs au 21e siècle. Même si le musée est actuellement fermé, nous voulons vous tenir au courant en attendant sa réouverture en 2022. Ce sera une sorte de journal sur l'évolution des travaux, dans lequel nous raconterons également des histoires et des anecdotes connues et moins connues au sujet de Permeke. Vous pouvez nous suivre via le site web et facebook.

 
 

Constant Permeke

Quand on parle de Permeke, on pense directement à Jabbeke. Pourtant, Permeke n'a vécu à Jabbeke que pendant une vingtaine d'années. Il est né à Anvers en 1886, mais sa famille déménage à Ostende en 1892, l’année où James Ensor y peint sa célèbre œuvre Les Gendarmes. Il y vivra jusqu'à la fin des années 1920, mais s’établit quelque temps en Angleterre pendant la guerre.

Saviez-vous que…

De vader van Constant Permeke, Henri-Louis werd de eerste conservator van het Museum van Schone Kunsten te Oostende. Hij was de man die heel wat belangrijk werk van Ensor aankocht, maar ook van kunstenaars-tijdsgenoten zoals Anna Boch, Constantin Meunier, Isidor Verheyden…

Henri-Louis Permeke, le père de Constant, est devenu le premier conservateur du Musée des Beaux-Arts d'Ostende. C'est lui qui a fait l’acquisition de nombreux chefs d’œuvre de James Ensor, mais aussi de plusieurs de ses contemporains tels qu'Anna Boch, Constantin Meunier, Isidor Verheyden.

À sa mort en 1912, il est enterré à sa demande à côté de son ami artiste Louis Artan à Oostduinkerke.

Léontine, la sœur d'Henri-Louis - et la tante de Constant - s’est mariée avec le père de Maurice Antony, qui deviendra plus tard le célèbre photographe qui a immortalisé la vie à Ostende. Ses photos constituent encore aujourd'hui des archives importantes sur la vie à la côte durant la première moitié du 20e siècle. La photo d’une boule miroitante faite en 1921, est devenue légendaire, car on y aperçoit les reflets de Constant Permeke, James Ensor et Maurice Antony lui-même.

 

Novembre - décembre 2020

Les œuvres d'art quittent le musée...

Le déménagement des œuvres d’art d’un musée nécessite une préparation fort minutieuse. En général, l’opération se fait sous la responsabilité du département de ’Conservation et Gestion’. Plusieurs mois avant le déménagement, le planning est établi et des accords sont faits avec l'équipe technique. Si un tel déménagement est déjà loin d’être une sinécure, la pandémie du Corona a rendu les travaux encore beaucoup plus difficiles, car il fallait trouver des méthodes permettant aux équipes de travailler en toute sécurité. Toutes les œuvres ont été très soigneusement emballées et des caisses de protection spéciales ont été faites sur mesure pour les tableaux. Dans un premier temps, nous avons fait appel à Katoennatie pour le transport des œuvres. Par la suite nous leur avons également demandé de l’aide pour assister notre propre équipe à déplacer en toute sécurité les pièces lourdes.

La plupart des œuvres ont été acheminées au Mu.ZEE où elles ont été entreposées au dépôt. Une douzaine d'œuvres ont été confiées pour restauration à un atelier spécialisé.

 
 

La Grande Marine, 1935

Le déménagement de la Grande Marine a été spectaculaire à cause de ses dimensions exceptionnelles...

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L'atelier de peinture

Situé au premier étage, l'atelier du peintre est un endroit particulier du musée où le temps s'est figé...

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De Sjees (La Carriole)

De Sjees (La Carriole) de 1926 est une œuvre clé dans la carrière de Permeke.

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L'adieu

Marieke, la femme de Permeke, est décédée le 3 mai 1948.

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Sculpture

Les sculptures sont restées à Jabbeke pour le moment mais elles ont été rassemblées en toute sécurité, notamment les trois grâces, le buste de Marie-Lou...

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Projet Sculpture Permeke

Introduction au Projet Sculpture Permeke

Pendant la rénovation du musée Permeke, des recherches sur les techniques de sculpture de Permeke ont également été entreprises. Ce projet de trois ans est subventionné par le gouvernement flamand dans le cadre du décret sur le patrimoine culturel.

Dans un précédent billet de blog, vous avez pu lire que Permeke n'a commencé à expérimenter la sculpture que plus tard dans sa vie. Il s'initie à diverses techniques, telles que le modelage, le moulage et la sculpture sur pierre, en utilisant divers matériaux, tels que l'argile, le plâtre, le bronze et la pierre artificielle. Permeke a réalisé plusieurs versions de certaines sculptures, de sorte que plusieurs copies ont été conservées. Il y a 5 versions de Marie-Lou dans la collection du Mu.ZEE ! Certains moules qu'il a utilisés pour couler des sculptures, font également partie de la collection. Dans le passé, les différentes versions et les moules n'étaient pas toujours considérés comme pièces de la collection, ce qui explique pourquoi ils n'ont pas été inventoriés et enregistrés de la même manière. C'est une question que nous aborderons et explorerons plus tard au cours du projet. L'histoire de la collection sera également étudiée dans plusieurs archives. Les sculptures elles-mêmes seront également examinées et conservées méticuleusement.

Le projet a débuté en 2009, lorsqu'il a été décidé d'emballer la sculpture emblématique du Semeur et de la déplacer au sous-sol du musée. Permeke avait lui-même placé cette sculpture en pierre artificielle dans le jardin devant sa maison. Des décennies plus tard, cependant, on a constaté qu’elle était gravement endommagé en raison de la rouille de l'armature interne. Pour cette raison, même après la restauration de la sculpture, elle ne pouvait pas rester à l'extérieur. Il a donc été décidé de la remplacer par une réplique dans le jardin. Mais avant tout, il faut d’abord en savoir plus sur l'historique de la sculpture, recenser les différentes versions et connaître à fond les méthodes de travail de l'artiste. Ensuite, il faudra s'interroger sur la meilleure méthode de réaliser la copie : les techniques 3D offrent-elles la meilleure solution ?

 

Déménagement Permeke

Avec le début des travaux de rénovation il y a aussi les dernières pièces de la collection, notamment les sculptures, qui ont dû être retirées du musée Permeke. Pour les déplacer, nous avons confié le travail à Mobull, une entreprise spécialisée dans le transport d'œuvres d'art. Les grandes sculptures en plâtre, comme par exemple les Trois Grâces, sont creuses à l'intérieur, ce qui les rend fragiles. Pour les protéger des chocs pendant le transport, des supports et des caisses sur mesure ont été construits. Les sculptures qui se trouvaient au sous-sol du musée représentaient un défi supplémentaire car elles pèsent environ 3 000 kg. Avec l'aide de la main-d'œuvre et de l'ingéniosité, elles ont été enlevées en un seul jour. Au cours du déménagement, un moule de la Semeuse a été découvert dans un espace jusque-là inaccessible. Cette découverte est importante pour l'étude de la sculpture et pour la réalisation d'une copie !

Toutes les sculptures et tous les moules ont été acheminés vers un nouveau lieu de travail à Ostende, à deux pas du Mu.ZEE. L'endroit, qui servait auparavant de lieu de stockage pour les caisses vides des œuvres d'art, a été spécialement aménagé en atelier pour le projet Permeke. Les sculptures y seront conservées et examinées physiquement, ce qui fera l'objet d'un prochain article sur le blog.

 

Nettoyage sec et conservation

Les différentes parties du moule sont dépoussiérées dans notre atelier. Nous sommes aidés pour cela par Rani De Vos, étudiante en master de conservation-restauration à l’Université d’Anvers. Chaque pièce est soigneusement aspirée et nettoyée à sec avec des éponges spéciales qui s'effritent au contact de la surface. Cela permet d’éviter que la saleté ne s’incruste dans les pores du plâtre.

Chaque pièce est ensuite étiquetée et inventoriée. Nous savons ainsi que le moule du Semeur se composait de plus de 60 pièces ! Ce type de moule est donc appelé à juste titre « moule en pièces ». Grâce à des clés positives ou négatives, les pièces s’assemblent à la manière d’un puzzle géant. Avant l’apparition du moule en silicone, cette méthode était la plus courante pour réaliser plusieurs moulages d’une même sculpture.

Permeke a certainement été aidé pour la fabrication des moules et le coulage de ces grandes sculptures. On raconte qu’il aurait été aidé par un ami fermier, mais il évoque lui-même dans ses lettres des mouleurs professionnels et l’on sait que plus tard, son gendre, l’artiste Pierre Devos, l’a également assisté dans son atelier.